Classe des Arts

Depuis deux ans, les élèves de l’école publique de Ploujean quittent leurs bancs pour passer une semaine dans les studios du SEW à la Manufacture. Une immersion qui favorise créativité et ouverture au monde dès le plus jeune âge.

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A petits pas // Kammed-Ha-Kammed

L’histoire commence il y a deux ans, alors que le Centre National de la Création Adaptée (CNCA) prépare sa première Grande Parade. À Ploujean, l’école souhaite inscrire un projet dans le cadre du parcours d’éducation artistique et culturelle. Une idée un peu folle germe : et si on délocalisait l’école quelques jours au SEW ? Et si on imaginait une classe qui danse, dessine et s’émerveille in situ ? Coordonné par le CNCA, au diapason avec l’équipe pédagogique, le projet entre en scène.

Des élèves dans la Grande parade

Cette première édition mêle arts plastiques et danse. Sous la houlette des artistes Clémentine Page, Maud Bonhomme et Claire-Lise Daucher, les enfants évoluent entre pinceaux et pas de danse, au milieu des oeuvres d’art brut d’André Robillard et Alexis Forestier. En ligne de mire : participer à la Grande Parade de Morlaix. Une première représentation qui met tout le monde en mouvement en juin 2024 !

Une grande fresque dans l’école

La classe des arts est relancée l’an dernier. Les comédiens de la troupe du CNCA, en situation de handicap, entrent dans la danse. Les matinées vibrent au rythme des ateliers chorégraphiques de Maud Bonhomme, tandis que les après-midis se colorent autour de la création d’une fresque géante menée par Clémentine Page, aujourd’hui exposée dans le hall de l’école. Les élèves les plus grands découvrent aussi le théâtre avec Manon Carpentier et Sylvain Robic, comédiens de Catalyse.

Changer les regards et les dynamiques de groupe

« Nous voulions proposer un projet sur mesure, adapté à un groupe hétérogène où cer tains enfants ont des besoins particuliers », explique Élodie Thomas, responsable du développement de l’Éducation Artistique et Culturelle Adaptée au CNCA. L’objectif : imaginer des ateliers où enfants et adultes dansent ensemble, au même niveau, et faire intervenir des artistes en situation de handicap, pour s’ouvrir à la diversité. « Ce qui nous a frappés, c’est l’évolution des comportements envers les élèves à besoins particuliers. La présence d’artistes porteurs de différences a favorisé une meilleure compréhension et adaptation de tous —intervenants, enseignants, enfants — vis-à-vis de ces élèves parfois dans l’impossibilité de rester en place. »

Jamais deux sans trois !

À l’issue de cette deuxième classe des arts, Pauline Crenn, directrice de l’école Emile Cloarec, a souhaité refaire danser les élèves. Sont déjà programmées une dizaine d’heures d’ateliers chorégraphiques dirigés par Maud Bonhomme et avec l’un des comédiens de Catalyse. Ce parcours d’éducation artistique et culturelle pourrait de nouveau s’inscrire autour de la future Grande Parade du 30 mai 2026.

Pauline Crenn - Directrice de l'école Emile Cloarec

« Le projet de cette classe des arts avait démarré doucement en 2023/2024 avant de prendre toute son ampleur l’an dernier. Si certains se montraient sceptiques au début, les 20 élèves de l’école, de la grande section au CM2, y ont finalement participé avec enthousiasme. Les ateliers chorégraphiques ont été l’occasion de se découvrir autrement, pour les adultes comme pour les enfants. Enseignants, intervenants, AESH, ATSEM, comédiens de Catalyse, élèves… autant de profils différents réunis pour danser sur un pied d’égalité.

Cela a créé des liens forts. Ces quatre séances ont été si riches que nous avons choisi de les renouveler et même de les prolonger cette année, avec déjà plusieurs ateliers et temps de restitution publique prévus en 2026. »

Dernière mise à jour le 16.12.2025